Des recherches menées par l'IIEP-UNESCO (UNESCO International Institute for Educational Planning in Africa) établissent un lien direct entre la présence de femmes à des postes de direction dans les écoles publiques et le maintien des élèves filles au sein du système scolaire. Cette étude montre que le leadership féminin favorise de meilleurs résultats d'apprentissage pour les élèves scolarisés dans les zones rurales du Bénin et de Madagascar. Les données recueillies par l'institution confirment que la nomination de femmes à la tête des établissements scolaires améliore la rétention des jeunes filles. Ces conclusions appuient les politiques éducatives visant à renforcer la représentation féminine dans la gestion des écoles rurales pour consolider les acquis scolaires.
Plus précisément, les travaux de l'IIEP-UNESCO indiquent que le leadership féminin au sein des écoles publiques est corrélé à une meilleure rétention des élèves filles. L'impact positif de cette présence féminine se traduit également par de meilleurs résultats d'apprentissage, un phénomène particulièrement observable dans les zones rurales concernées par ces recherches.
État des lieux du leadership féminin
Au Bénin, les femmes occupaient 17 % des postes de direction dans les écoles primaires en 2022. Cette proportion reflète la part des enseignantes accédant aux fonctions de gestion au sein des établissements publics du pays. Ce chiffre de 17 % illustre le défi persistant pour accroître la mixité dans les instances décisionnelles des écoles primaires béninoises.
Madagascar présente une répartition différente selon le statut des établissements. Dans le secteur privé de l'enseignement primaire, les femmes représentent plus de la moitié des chefs d'établissement. À l'inverse, dans les écoles primaires publiques de Madagascar, les femmes occupent 35 % des postes de direction. Ces données soulignent un contraste marqué entre les structures privées et le système public malgache quant à la représentativité des femmes aux postes de direction.
Les notes d'orientation politique produites par l'IIEP-UNESCO identifient trois obstacles principaux entravant l'accès des femmes aux rôles de direction scolaire. Ces freins concernent les normes sociales, les préoccupations liées à la sécurité et l'inégalité d'accès aux qualifications professionnelles. Ces éléments limitent la progression des carrières féminines vers des responsabilités administratives dans le milieu éducatif. La reconnaissance de ces trois barrières spécifiques est essentielle pour comprendre pourquoi les femmes peinent à intégrer les postes à haute responsabilité au sein des écoles.
Jihane Lamouri, planificatrice de politiques éducatives sensibles au genre à l'IIEP-UNESCO en Afrique, précise les enjeux de cette transformation. « Supporting women school principals is not just about increasing their numbers. It is also about creating the institutional, professional, and social conditions that enable them to exercise their leadership fully », déclare-t-elle. Cette approche lie l'augmentation du nombre de femmes dirigeantes à la mise en place de structures institutionnelles, professionnelles et sociales adaptées. L'objectif demeure de garantir l'exercice effectif de leurs compétences décisionnelles au sein des systèmes scolaires. Le travail de Jihane Lamouri note que la simple parité numérique ne suffit pas à transformer durablement le paysage éducatif si les conditions d'exercice du leadership ne sont pas, elles aussi, réformées en profondeur.