Le Nigeria Customs Service (NCS) et son homologue béninois ont lancé des travaux visant à établir un système d'interconnexion numérique pour faciliter le commerce transfrontalier. Cette initiative marque une étape significative dans la collaboration économique entre les deux nations ouest-africaines. Elle a été annoncée par le Contrôleur général des douanes, Bashir Adewale Adeniyi, lors de l'évaluation et de la mise en service du poste frontalier conjoint de Sèmè–Kraké. Ce projet vise à moderniser les opérations douanières entre le Nigeria et le Bénin, en s'appuyant sur les technologies numériques pour optimiser la fluidité et la sécurité des échanges. Bashir Adewale Adeniyi a souligné l'importance clé de cette connectivité, déclarant avec insistance : « Sans interconnexion, ce n'est pas un poste frontalier conjoint. Ce sont deux postes frontaliers partageant un parking. » Cette déclaration met en lumière la nécessité d'une intégration profonde au-delà des infrastructures physiques.
Détails du système numérique
Le système numérique en cours de développement est conçu pour permettre un échange en temps réel des déclarations douanières, des manifestes, des informations de transit, des profils de risque et des alertes d'application entre le Nigeria et le Bénin. Cette capacité d'échange instantané est essentielle pour accélérer les procédures et renforcer la sécurité. Bien que les bâtiments et infrastructures du poste frontalier de Sèmè–Kraké étaient achevés, il manquait une intégration fonctionnelle et numérique des systèmes utilisés par les deux administrations. Cette lacune est désormais la cible principale de l'initiative conjointe, qui cherche à combler ce fossé technologique pour créer une véritable synergie opérationnelle.
En complément de cette avancée numérique, des mesures supplémentaires ont été identifiées pour améliorer l'efficacité globale de la frontière. Celles-ci incluent spécifiquement la restauration des installations de scanners, un contrôle d'accès optimisé pour une meilleure gestion des flux, une surveillance accrue pour prévenir les activités illicites et un éclairage amélioré sur le site pour garantir la sécurité 24 heures sur 24. Ces éléments physiques et logistiques visent à compléter le cadre numérique en renforçant la sécurité et la fluidité des opérations physiques au poste frontalier, créant ainsi un environnement commercial plus sûr et plus efficace.
Importance stratégique du corridor
Le poste frontalier de Sèmè–Kraké est stratégiquement situé sur le corridor Abidjan-Lagos, une artère économique vitale pour la région. Cette traversée est décrite comme l'une des frontières terrestres les plus fréquentées d'Afrique de l'Ouest, fonctionnant sans interruption 24 heures sur 24 tout au long de l'année. Sa position centrale en fait un point névralgique pour le commerce régional. Le corridor Abidjan-Lagos transporte à lui seul environ 70 pour cent du commerce de transit de la sous-région, ce qui note l'impact économique considérable de toute amélioration de son efficacité. La modernisation de ce poste frontalier est donc d'une importance capitale non seulement pour le Nigeria et le Bénin, mais aussi pour l'ensemble de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Vision et objectifs futurs
L'objectif déclaré est de transformer Sèmè–Kraké en un poste frontalier conjoint doté de technologies avancées, capable de relever les défis du commerce moderne. Cette transformation reposera sur plusieurs piliers fondamentaux : l'interconnectivité douanière pour un échange de données fluide, une gestion conjointe des risques pour une meilleure détection des menaces, une application coordonnée des règles pour une cohérence réglementaire, des infrastructures sécurisées garantissant la protection des biens et des personnes, des procédures harmonisées pour simplifier les processus, et une gouvernance conjointe responsable assurant la transparence et l'efficacité. Ces réformes ambitieuses devraient permettre au Nigeria et au Bénin de tirer pleinement parti des opportunités considérables offertes par le commerce intra-africain. Elles sont particulièrement pertinentes et opportunes dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à créer un marché unique à travers le continent.
Réactions et perspectives
L'initiative vise à faciliter un dédouanement plus rapide des marchandises, à améliorer la gestion des risques et à renforcer la coordination opérationnelle au poste frontalier conjoint de Sèmè–Kraké. Ces améliorations sont attendues pour réduire les délais et les coûts pour les commerçants. Parallèlement, un mécanisme permanent d'application de la loi et de renseignement entre le Nigeria et le Bénin est jugé nécessaire et essentiel pour permettre des patrouilles coordonnées et une réponse rapide aux défis sécuritaires et aux activités illicites. Le Colonel Raouf Malèhossou, Directeur général des douanes du Bénin, a vivement souligné cette évolution nécessaire. Il a déclaré que « les deux administrations doivent aller au-delà du partage d'expériences pour mettre en œuvre des techniques de gestion coordonnée des frontières ». Cette approche conjointe est présentée comme essentielle pour optimiser l'efficacité des opérations, garantir la sécurité et stimuler le développement économique mutuel des deux nations. La réussite de ce projet pourrait servir de modèle pour d'autres frontières en Afrique de l'Ouest.