Les jeunes Béninois privilégient l'entrepreneuriat selon une étude d'Afrobarometer

Des jeunes africains
Photo: LNT via Lanouvelletribune

Une nouvelle étude d'Afrobarometer, publiée le 24 août 2026, révèle que la majorité des jeunes Béninois âgés de 18 à 35 ans privilégient l'entrepreneuriat. Selon les résultats de la dixième enquête d'Afrobarometer, présentés dans le document de politique générale n°105, 68% des jeunes Béninois interrogés expriment le souhait de créer leur propre entreprise. Cette proportion significative met en lumière une aspiration profonde à l'autonomie professionnelle et à la création de valeur dans le pays. Ces données proviennent du module jeunesse de l'enquête, qui s'est penché spécifiquement sur les perspectives et les défis auxquels est confrontée la jeune génération béninoise.

En comparaison, seulement 7% des jeunes Béninois se disent intéressés par un emploi au sein d'une entreprise privée. Cette faible proportion contraste fortement avec l'engouement pour l'entrepreneuriat, suggérant une perception des opportunités et des conditions de travail différentes dans le secteur privé traditionnel. Les résultats nationaux de cette étude, menée par Afrobarometer, présentent une marge d'erreur de plus ou moins trois points de pourcentage, garantissant une certaine fiabilité statistique des conclusions.

Priorités d'emploi et aspirations

Cinquante et un pour cent des jeunes interrogés se déclarent sans emploi et à la recherche de travail, selon l'étude d'Afrobarometer. Ce chiffre note l'ampleur du défi de l'emploi des jeunes au Bénin et la nécessité de politiques publiques adaptées. Face à cette situation, les jeunes Béninois ont des attentes claires vis-à-vis des pouvoirs publics. Concernant les priorités d'investissement public, 40% des jeunes placent la création d'emplois en tête de leurs préoccupations. Cette demande forte reflète la conscience des jeunes quant au rôle de l'État dans la stimulation économique et la génération d'opportunités.

La formation professionnelle arrive en deuxième position des priorités d'investissement public, recueillant 23% des réponses, ce qui indique une reconnaissance de l'importance de l'acquisition de compétences pour une meilleure insertion sur le marché du travail. Parallèlement, les prêts pour la création d'entreprise sont classés troisièmes, avec 21% des jeunes interrogés souhaitant que les pouvoirs publics investissent dans ce domaine. Cette demande confirme l'orientation entrepreneuriale des jeunes et leur besoin de soutien financier pour concrétiser leurs projets. Cependant, une réticence à occuper certains emplois est citée comme un obstacle par 19% des jeunes, suggérant des attentes spécifiques ou des conditions de travail jugées inacceptables dans certaines filières.

Contexte des initiatives gouvernementales

Le gouvernement béninois a mis en œuvre plusieurs programmes visant à soutenir l'emploi et l'entrepreneuriat des jeunes, cherchant à répondre à ces aspirations et défis. Le programme Azôli a ainsi permis à 25 000 jeunes de trouver un emploi salarié, tandis que 11 000 autres sont devenus travailleurs indépendants. Ces initiatives s'inscrivent dans une stratégie plus large de promotion de l'insertion professionnelle et de réduction du chômage des jeunes. Le succès de ces programmes démontre l'efficacité d'un soutien ciblé pour stimuler l'activité économique et offrir des débouchés.

Le Programme Spécial d'Insertion dans l'Emploi a, pour sa part, facilité l'accès au travail pour 7 130 jeunes entre 2021 et 2024. Ce programme a joué un rôle clé dans l'intégration de jeunes diplômés et non diplômés sur le marché de l'emploi. Parmi ces bénéficiaires, 30,1% étaient des femmes, soulignant les efforts pour promouvoir l'égalité des chances et l'autonomisation économique des jeunes femmes. Ce programme vise à réduire le chômage et à favoriser l'intégration des jeunes sur le marché du travail en leur offrant des opportunités concrètes et un accompagnement adapté.

La zone industrielle de Glo-Djigbé contribue également de manière significative à la création d'emplois pour les jeunes Béninois. Plus de 5 000 emplois directs y ont été créés entre 2021 et 2025, offrant des perspectives d'emploi dans divers secteurs manufacturiers et de services. À long terme, les projections indiquent la création de 35 000 emplois dans cette zone, ce qui représente un potentiel significatif pour l'insertion professionnelle des jeunes et le développement économique du pays. L'expansion de cette zone industrielle est perçue comme un moteur essentiel pour l'absorption de la main-d'œuvre jeune.

Analyse et perspectives d'Afrobarometer

Dix-huit pour cent des jeunes Béninois expriment une préférence pour le secteur public comme voie professionnelle, selon l'étude d'Afrobarometer. Bien que moins élevée que l'entrepreneuriat, cette proportion révèle un attrait persistant pour la stabilité de l'emploi et les avantages souvent associés à la fonction publique. Parallèlement, seulement 6% des jeunes interrogés se disent intéressés par un emploi au sein d'une organisation non gouvernementale. Ces chiffres complètent les aspirations entrepreneuriales majoritaires identifiées par l'enquête, offrant une vue d'ensemble des préférences professionnelles des jeunes Béninois.

L'étude d'Afrobarometer a été menée en janvier 2024 et a interrogé un échantillon de 1 200 adultes béninois, assurant une représentativité nationale. Ce sondage fournit une base statistique solide pour comprendre les orientations professionnelles et les défis rencontrés par la jeunesse du pays. Les résultats de cette enquête sont cruciaux pour l'élaboration de politiques publiques ciblées et efficaces.

Le manque de formation ou de préparation est identifié comme le principal obstacle à l'insertion professionnelle par 29% des jeunes. Cette proportion met en lumière un besoin significatif en matière de développement des compétences et d'adéquation entre l'offre de formation et les exigences du marché du travail. Les jeunes perçoivent clairement un décalage entre ce qu'ils apprennent et ce qui est requis par les employeurs ou pour lancer une entreprise. Le manque d'expérience recherchée par les employeurs est également cité comme un obstacle par 17% des jeunes, ce qui crée un cercle vicieux où les jeunes ne peuvent acquérir d'expérience sans emploi, et ne peuvent trouver d'emploi sans expérience. Ces données soulignent les défis structurels auxquels sont confrontés les jeunes Béninois dans leur parcours vers l'emploi et l'entrepreneuriat, appelant à des réformes éducatives et des mécanismes d'insertion professionnelle plus robustes.