Le Bénin a pris la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine à compter du 1er septembre 2026, pour un mandat mensuel. Ce rôle de direction succède à la présidence de l'Algérie, qui a dirigé l'instance durant tout le mois d’août 2026. Cette rotation mensuelle est une pratique établie au sein du CPS, assurant une direction partagée entre ses membres. Le CPS, organe clé de l'Union africaine, a été établi en 2002. Sa création visait à remplacer l’Organe central de l’Organisation de l'unité africaine (OUA), marquant une évolution significative dans l'architecture de paix et de sécurité continentale. Cette transition a permis de doter le continent d'un mécanisme plus solide et proactif pour la prévention, la gestion et la résolution des conflits.
Élection et composition du Conseil
Le Bénin siège au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine en tant que membre élu depuis le 1er avril 2026, son mandat devant se poursuivre jusqu'en 2028. Son admission officielle au sein de cet organe a eu lieu le 11 février 2026 à Addis-Abeba, lors d'une session clef pour la composition future du Conseil. Lors de cette même élection, plusieurs autres nations africaines ont également obtenu un siège : le Lesotho, le Gabon, le Maroc, la Somalie et l’Afrique du Sud. Ces pays rejoignent ainsi le Bénin dans la responsabilité de maintenir la paix et la sécurité sur le continent. Ce n'est pas la première fois que le Bénin participe aux travaux du CPS, ayant déjà siégé au sein du Conseil durant le mandat 2020-2022, ce qui lui confère une expérience précieuse pour cette nouvelle présidence. Le CPS est composé de quinze membres au total ; parmi eux, cinq sont élus pour un mandat de trois ans, tandis que les dix autres sont élus pour deux ans. Cette composition vise à assurer à la fois une continuité et un renouvellement régulier des perspectives au sein de l'instance.
Agenda du mois de septembre
Le programme provisoire de travail (PPoW) établi par le Bénin pour le mois de septembre 2026 prévoit l'organisation de cinq sessions substantielles, témoignant de l'ambition du pays pour sa présidence. Dès le 1er septembre 2026, la situation en République centrafricaine sera à l'ordre du jour d'une de ces sessions. Cette discussion portera sur les défis persistants en matière de sécurité et de stabilité dans le pays, avec un accent sur les efforts de consolidation de la paix. Le lendemain, le 2 septembre 2026, les membres du Conseil se pencheront sur la question de la protection des enfants soldats, un sujet récurrent dans les conflits africains. Cette session cherchera à renforcer les mécanismes de prévention du recrutement d'enfants et à faciliter leur réintégration.
Plus tard dans le mois, une session spécifiquement dédiée au lien entre le changement climatique et la sécurité est planifiée pour le 18 septembre 2026. Cette discussion mettra en lumière les défis croissants posés par les impacts environnementaux sur la stabilité régionale, notamment en termes de déplacements de populations, de raréfaction des ressources et d'exacerbation des tensions. La Journée internationale de la paix, célébrée annuellement, coïncidera avec les activités du Conseil le 21 septembre 2026, offrant une occasion solennelle de réaffirmer l'engagement de l'Union africaine en faveur de la résolution pacifique des conflits et de la promotion d'une culture de paix. Pour préparer ces différentes échéances et assurer le bon déroulement des discussions, le Comité d’experts du Conseil de paix et de sécurité se réunira à deux reprises durant le mois. Ces réunions préparatoires sont essentielles pour affiner les propositions et les recommandations qui seront soumises aux ambassadeurs du Conseil.
Réunions clés et participants
Un séminaire ministériel sur les femmes, la paix et la sécurité est programmé pour les 9 et 10 septembre 2026 à Cotonou, capitale économique du Bénin. Cette rencontre s'inscrit pleinement dans le cadre des priorités du Bénin pour sa présidence du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Elle vise à approfondir les discussions sur le rôle clé des femmes dans la prévention et la résolution des conflits sur le continent, ainsi que sur leur participation effective aux processus de paix et de reconstruction.
La commémoration du Mois de l’amnistie africaine est prévue les 14 et 15 septembre 2026 à Alger, en Algérie. Cet événement annuel offre l'occasion de réfléchir aux questions de justice transitionnelle et de réconciliation post-conflit en Afrique, un thème cher à l'Union africaine et essentiel pour la construction de sociétés résilientes et pacifiques. Il permet également de faire le bilan des progrès réalisés et des défis persistants en matière de réhabilitation des victimes et de lutte contre l'impunité.
Le programme du mois s'achèvera par une réunion au sommet prévue le 23 septembre 2026 à New York. Cette rencontre se tiendra en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, soulignant la volonté du CPS de coordonner ses actions avec les instances internationales et de porter la voix de l'Afrique sur la scène mondiale. Le président burundais Évariste Ndayishimiye participera notamment à ce sommet, en sa qualité de président de l’Assemblée de l’UA, conférant à l'événement une importance institutionnelle particulière et renforçant la portée des décisions qui y seront prises. Ce sommet représente une opportunité majeure pour le Bénin de mettre en avant les priorités africaines en matière de paix et de sécurité auprès de la communauté internationale.