Amoussouke Narcisse, un instituteur âgé de 41 ans, a été condamné en appel à cinq ans de prison ferme pour harcèlement sexuel. Cette peine a été confirmée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), statuant sur un jugement initial prononcé le 5 juin 2025. Les faits reprochés à Amoussouke Narcisse, qui concernent le harcèlement sexuel d'une élève de 15 ans, se sont déroulés à Cotonou, dans le département du Littoral. La décision de la Criet marque une étape importante dans la lutte contre les violences faites aux enfants et renforce le message de tolérance zéro face à de tels agissements.
Détails de l'affaire
Amoussouke Narcisse était affecté à une classe de CM1 et assurait occasionnellement des remplacements dans une classe de CM2. L'enseignant exerçait ses fonctions à Cotonou, dans le département du Littoral, où les faits reprochés se sont déroulés. Sa position d'autorité en tant qu'instituteur a été un élément central de l'accusation.
La victime, une élève âgée de 15 ans, ne faisait pas partie de sa classe attitrée, mais était scolarisée dans le même établissement. Cette situation a permis à l'instituteur d'entrer en contact avec l'adolescente. Les circonstances exactes de la rencontre entre l'instituteur et l'élève n'ont pas été détaillées publiquement, mais l'accusation de harcèlement sexuel a été maintenue tout au long de la procédure judiciaire. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a examiné l'affaire en appel, confirmant le jugement initial prononcé le 5 juin 2025. Cette confirmation note la gravité des faits et la détermination de la justice à sanctionner de tels comportements.
En plus de la peine de cinq ans de prison ferme, la Criet a imposé une amende d'un million de francs CFA à Amoussouke Narcisse. Cette sanction financière s'ajoute à la peine d'emprisonnement confirmée en appel, suite à un premier jugement prononcé le 5 juin 2025. L'ensemble de ces mesures vise à punir l'auteur des faits et à envoyer un signal fort quant à la protection des mineurs au sein des institutions éducatives.
Contexte institutionnel et statistique
L'Institut national de la femme (INF) a été inauguré en mars 2025 au Bénin, avec pour mission de protéger et de promouvoir les droits des femmes et des jeunes filles. L'organisation, dédiée à la protection et à la promotion des droits des femmes, a rapidement été sollicitée pour de nombreux cas de violences. Dès novembre 2024, soit avant même son inauguration officielle, l'INF avait déjà traité 1 797 dossiers, démontrant l'ampleur des besoins dans ce domaine. Parmi ces affaires, 124 concernaient des agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 13 ans, soulignant l'urgence et la complexité des défis auxquels l'institution est confrontée. Ces chiffres mettent en évidence la vulnérabilité des enfants face à de telles violences et la nécessité d'une vigilance accrue.
Ces données institutionnelles s'inscrivent dans un contexte où la dénonciation des violences de genre reste un défi majeur au Bénin. Une enquête d'Afrobarometer réalisée en 2022 a révélé que 47% des citoyens béninois estiment qu'il est peu probable qu'une victime de violence basée sur le genre porte plainte. Ce chiffre alarmant met en lumière les obstacles persistants à la justice pour les victimes, qu'il s'agisse de la peur des représailles, de la stigmatisation sociale ou du manque de confiance dans le système judiciaire, et ce, malgré les efforts des structures comme l'INF. La condamnation d'Amoussouke Narcisse pourrait contribuer à encourager davantage de victimes à briser le silence.
Réactions et portée
La condamnation d'Amoussouke Narcisse concerne un harcèlement sexuel perpétré sur une élève de 15 ans, un âge où les jeunes sont particulièrement vulnérables. Outre la peine de prison ferme et l'amende, l'instituteur a été contraint de verser un franc symbolique à la victime en guise de dommages et intérêts. Ce franc symbolique, bien que modeste en valeur monétaire, revêt une importance symbolique forte, reconnaissant le préjudice subi par la victime et affirmant sa dignité.
Cette décision s'accompagne également d'une interdiction d'exercer la profession d'enseignant pendant une période de trois ans. Cette interdiction débutera après l'exécution complète de sa peine principale de prison. Cette mesure vise à protéger les élèves et à garantir que les personnes reconnues coupables de tels actes ne puissent plus exercer une profession impliquant un contact direct avec des mineurs. La sévérité de la peine et les sanctions complémentaires reflètent la volonté de la justice de lutter efficacement contre les abus sexuels et de restaurer la confiance du public dans le système éducatif.