Le Bénin durcit sa lutte contre la mendicité infantile

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Photo: Ph DR via Lanouvelletribune

Le gouvernement béninois a organisé une réunion de travail le 13 octobre 2026 à Parakou. Cette rencontre a rassemblé des ministres, des autorités administratives, des juges ainsi que des leaders communautaires. L'objectif principal des échanges portait sur la lutte contre la mendicité infantile. Les participants ont examiné les dispositifs permettant de renforcer l'encadrement des mineurs exposés à cette situation dans le pays. Ces discussions officielles, qui se sont tenues durant cette journée du 13 octobre 2026, marquent une étape opérationnelle majeure pour les autorités engagées dans la protection des droits des enfants. Des représentants de divers secteurs étatiques et locaux ont coordonné leurs actions afin de définir des stratégies plus coercitives contre ce phénomène. La concertation s'est tenue dans un cadre strict visant à harmoniser les interventions judiciaires et sociales sur l'ensemble du territoire national, en mobilisant l'ensemble des parties prenantes présentes à Parakou.

Un phénomène social alarmant

Les autorités béninoises ont recensé 4 453 enfants en situation de rue et de mendicité entre janvier 2019 et juin 2026. Ce décompte précis, issu des services compétents, concerne les départements du Borgou, de l'Alibori, de l'Atacora et de la Donga. Le phénomène de la mendicité infantile est jugé particulièrement critique dans les villes de Kandi, Malanville et N’Dali, où les autorités locales constatent une persistance des pratiques de rue affectant ces mineurs.

Face à ces données chiffrées, le gouvernement a proposé le « Pacte de Parakou ». Ce dispositif ambitieux vise à formaliser, de manière pérenne, la coopération entre l'État, le système judiciaire et les autorités religieuses. L'objectif est d'assurer une synergie d'action sur le terrain pour endiguer durablement le recours à la mendicité. Une revue des progrès réalisés dans le cadre de cet accord est prévue dans six mois afin d'évaluer l'efficacité des mesures prises et d'ajuster les interventions si nécessaire.

Abdoul-Chakour Assouma Naro, Préfet du Borgou, a appelé à un changement de posture des acteurs locaux lors de cette séance de travail : « De façon ferme, il est temps d’aller à la répression. C’est de la traite d’enfants. Ne soyez pas complices. Dénoncez. »

Djibril Mama Cissé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a confirmé l'orientation de cette nouvelle stratégie nationale, soulignant la nécessité d'une transition vers des mesures plus strictes. Il a déclaré : « Nous avons fait assez de sensibilisation et il faut passer à la répression. Chaque enfant qui se retrouve dans la rue est un échec pour notre société. » Cette déclaration marque un tournant dans la gestion étatique du dossier, privilégiant désormais l'application rigoureuse des textes en vigueur pour protéger les mineurs identifiés dans les départements concernés.