Restitution et coopération culturelle : le dialogue entre l'Allemagne et le Bénin

La conférence « Restitution et coopération entre musées – Expériences du Bénin et de l’Allemagne » s'est tenue le 13 octobre 2026 à Cotonou. Stefan Buchwald, ambassadeur d'Allemagne au Bénin, a précisé lors de cet événement le rôle des institutions germaniques dans les processus de restitution. « En Allemagne, le « Centre allemand pour les biens culturels perdus (DZK) » soutient les recherches dans ce domaine », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Du côté allemand, nous avons fondé, en mars 2026, le « Conseil de coordination pour le retour des biens culturels et des restes humains issus de contextes coloniaux ». Ce conseil centralise la coordination entre musées, archives et universités, visant à rendre les processus de retour transparents et coordonnés vis-à-vis des partenaires internationaux. »

Responsabilité historique et cadre institutionnel

Stefan Buchwald, ambassadeur d'Allemagne au Bénin, a affirmé le 13 octobre à Cotonou : « L’Allemagne assume sa responsabilité historique et œuvre à l’analyse de son passé colonial ». Cette démarche s'inscrit dans un cadre institutionnel précis avec la création, en mars 2026, du « Conseil de coordination pour le retour des biens culturels et des restes humains issus de contextes coloniaux ». Cet organisme assure désormais le lien entre les institutions impliquées dans les transferts. Sur le plan opérationnel, l'Allemagne a déjà transféré la propriété légale de plus de 850 objets culturels dans le cadre de ses efforts de restitution. Ces mesures témoignent de la volonté des autorités allemandes de structurer durablement les retours vers leurs pays d'origine, en coopération étroite avec les partenaires internationaux.

Recherche de provenance et coopération

Barbara Plankensteiner, directrice du musée MARKK à Hambourg, effectue une visite au Bénin du 12 au 15 octobre 2026. Cette mission s'inscrit dans le cadre des échanges bilatéraux relatifs aux collections patrimoniales. Stefan Buchwald, ambassadeur d'Allemagne au Bénin, a rappelé le 13 octobre à Cotonou l'exigence méthodologique préalable à ces transferts : « La recherche de provenance est toujours la première étape requise ».

Le processus de restitution s'appuie sur une expérience opérationnelle entamée plusieurs années auparavant. Stefan Buchwald a précisé le 13 octobre : « Le travail de mémoire sur le passé colonial est désormais inscrit dans l’accord de coalition de nos gouvernements respectifs depuis 2018. La visibilité et la reconnaissance internationales de ce processus sont renforcées par la restitution de biens culturels, par exemple via le transfert juridique de propriété (plus de 850) et la restitution concrète au Nigéria de 22 bronzes du Bénin provenant de collections publiques à partir de 2022 ». Ces transferts vers le Nigéria ont constitué une étape significative pour les institutions allemandes dans la gestion des objets issus de contextes coloniaux.

La documentation et l'accessibilité des collections font l'objet d'une attention particulière pour soutenir ces démarches de recherche. La plateforme numérique Digital Benin centralise actuellement les inventaires issus de plus de 130 institutions réparties dans 20 pays. Cet outil numérique permet aux chercheurs et aux institutions partenaires d'accéder à une base de données consolidée sur les objets, facilitant ainsi l'identification et l'étude des provenances à une échelle internationale. Ces initiatives techniques accompagnent le dialogue diplomatique entre les autorités allemandes et leurs homologues béninois, tout en structurant les méthodes de travail partagées par les musées impliqués dans ces programmes de coopération culturelle.