La Chambre de commerce et d'industrie du Bénin (CCI Bénin) a accueilli un atelier consacré à l'accès des produits alimentaires locaux aux rayons des supermarchés. Cette rencontre s'est tenue le 15 octobre 2026 au siège de l'organisation. Divers acteurs du secteur agroalimentaire et de la grande distribution ont pris part à ces échanges visant à lever les obstacles logistiques et normatifs rencontrés par les producteurs nationaux. Les participants ont examiné les conditions de référencement et les exigences de qualité imposées par les enseignes de distribution. Ce rassemblement a permis d'aborder les modalités de collaboration entre les transformateurs locaux et les responsables de surfaces commerciales au Bénin. Des pistes de solutions ont été évoquées pour renforcer la présence des denrées béninoises sur les étals des supermarchés.
Un constat de faible représentation
Mabel Adekambi, présidente de Fermes AK SAS, a modéré un panel de discussion portant sur la faible représentation des produits locaux dans les rayons des supermarchés. Lors de cette intervention, elle a déclaré : « Nous nous rendons compte que nous avons beaucoup de producteurs, mais peu de produits au niveau des supermarchés ». Ce constat a ouvert des échanges sur les obstacles structurels freinant la commercialisation des denrées béninoises.
Les participants à cette table ronde comprenaient Aimé V. Tcheffa, sociologue et chercheur, Carole Fachina, dirigeante de King of Soto, Kanhounnon Mahugnon Thierno, spécialiste du contrôle qualité, et Léon-Lee Dossou, ingénieur en infrastructure qualité. Ces experts ont identifié plusieurs défis majeurs, parmi lesquels figurent la qualité des marchandises, leur visibilité auprès des clients, ainsi que le respect strict des normes sanitaires et des exigences de distribution imposées par les enseignes.
Carole Fachina a précisé les attentes des transformateurs locaux face à ces contraintes techniques : « Pour nous, c’est de pouvoir rallier la qualité aux normes et aussi vers une bonne visibilité ». L’enjeu porte sur la capacité des entreprises nationales à intégrer durablement les circuits de distribution modernes tout en maintenant des standards compétitifs.
La dimension culturelle et sociale de la consommation a également été abordée. Aimé V. Tcheffa a souligné une préférence croissante pour les produits du terroir, expliquant : « Entre la moutarde de Dijon et celle d’Abomey, je choisirai celle d’Abomey parce qu’elle répond à mes exigences en tant que Béninois ». Ce positionnement illustre une volonté de privilégier les savoir-faire locaux lorsque les conditions de qualité sont réunies.
Parallèlement à ces débats nationaux, la CEDEAO mobilise des efforts pour promouvoir la consommation des productions locales au sein de ses États membres. Cette initiative régionale vise à soutenir les filières agroalimentaires locales en facilitant leur accès aux marchés de proximité et en encourageant une préférence communautaire pour les produits transformés dans la sous-région.