Le Bénin, petit pays côtier d'Afrique de l'Ouest, est confronté à une insécurité alimentaire croissante dans ses régions septentrionales. Ces zones, caractérisées par des systèmes de culture pluviale unimodale et des pratiques agropastorales, dépendent fortement des précipitations. Bien que l'insécurité alimentaire aiguë reste relativement limitée dans la majeure partie du pays, les défis se concentrent sur le centre et le nord, où les moyens de subsistance sont directement liés à ces conditions climatiques. Cette situation met en lumière les vulnérabilités spécifiques de ces régions face aux aléas environnementaux et économiques.
Contexte géographique et économique
Le sud du Bénin bénéficie de deux saisons des pluies, d'une forte intégration marchande et de moyens de subsistance relativement diversifiés. À l'échelle nationale, les moyens de subsistance sont dominés par l'agriculture pluviale à petite échelle, complétée par l'élevage, la pêche, le commerce et l'emploi informel. Les ménages ruraux accèdent principalement à la nourriture via leur propre production agricole, notamment le maïs, le manioc, l'igname, le sorgho, le mil et le riz, complétée par des achats sur le marché pendant les périodes de soudure. L'élevage et la pêche contribuent à l'alimentation dans les régions du nord et les zones côtières, respectivement. Les ménages urbains, quant à eux, dépendent presque entièrement des achats sur le marché pour leur alimentation et tirent leurs revenus principalement du commerce informel, des services, des transports et du travail salarié. Pour les ménages ruraux et urbains, les achats de nourriture représentent la part la plus importante de leurs dépenses. Un rapport détaillant cette situation est disponible sous forme de fichier PDF d'une taille de 968,53 KB.
Impact du conflit et de l'insécurité
L'insécurité alimentaire aiguë constitue une préoccupation croissante dans les zones septentrionales du Bénin, en raison de l'intensification des conflits et de l'insécurité au cours des dernières années. Les départements de l'Atacora et de l'Alibori sont particulièrement vulnérables, les impacts du conflit augmentant le risque d'insécurité alimentaire aiguë pour leurs populations. Depuis 2019, l'expansion des activités extrémistes violentes en provenance du Burkina Faso et du Niger voisins a affecté de plus en plus les zones frontalières du nord, notamment les départements de l'Alibori et de l'Atacora. Cette insécurité croissante perturbe les moyens de subsistance, restreint la mobilité, limite l'accès aux terres agricoles et aux marchés, et provoque des déplacements forcés, souvent répétés.
Pression des prix et chocs climatiques
L'augmentation des prix des denrées alimentaires, du carburant et des intrants agricoles, particulièrement marquée dans les zones touchées par les conflits, grignote également le pouvoir d'achat des ménages pauvres. Ces pressions économiques s'ajoutent à d'autres aléas climatiques affectant la région. Des inondations récurrentes sont observées dans les régions du sud et le long des fleuves. Parallèlement, le nord du pays fait face à des précipitations irrégulières et à des épisodes de sécheresse. Ces chocs multiples exacerbent les vulnérabilités des populations, notamment celles dont les moyens de subsistance dépendent directement de l'agriculture et de l'élevage. La combinaison de l'inflation et des perturbations climatiques met en péril la sécurité alimentaire des ménages les plus fragiles.
Vulnérabilités structurelles et pauvreté
Les vulnérabilités structurelles, caractérisées notamment par une pauvreté persistante dans les zones rurales et septentrionales du Bénin, réduisent la capacité des ménages à faire face aux chocs successifs et à s'en remettre. Cette situation fragilise d'autant plus les populations locales. La pauvreté, ancrée dans ces régions, limite l'accès aux ressources et aux opportunités de développement, rendant les communautés particulièrement exposées aux aléas économiques et climatiques. En conséquence, les populations peinent à reconstruire leurs moyens de subsistance après chaque crise, accentuant ainsi le cycle de l'insécurité alimentaire.