Des miliciens nigérians soutenus par l'État, opérant aux côtés de l'armée, ont tué de nombreux bergers peuls lors d'un raid, une opération qui a coûté la vie à des dizaines d'éleveurs. Cet incident s'est produit dans la zone de Kabe, située dans la région de Borgu, frontalière avec le Bénin, selon des informations parues. Des miliciens du district de Bussa ont mené des attaques contre les campements de bergers peuls autour de Kabe. Le raid visait spécifiquement des établissements d'éleveurs Fulani dans cette zone du Niger State, une région où les tensions sont palpables.
Raid meurtrier et accusations
L'opération meurtrière a également impliqué des miliciens du Bénin voisin, juste de l'autre côté de la frontière avec l'État du Niger. Ces miliciens ont participé aux actions contre les bergers peuls, accentuant la complexité et la portée géographique de l'attaque. Les bergers ont été la cible de ces milices sur fond d'accusations graves.
Jeudi, des agents de sécurité ont procédé à des perquisitions porte-à-porte dans des campements d'éleveurs peuls. Au cours de ces opérations, ils ont arrêté de jeunes hommes soupçonnés d'être des informateurs pour le groupe Ansaru, lié à Al-Qaïda. Ceux qui ont opposé une résistance ont été abattus, ce qui a exacerbé la violence et la peur au sein des communautés pastorales. Selon Ansaru, « ils ne toléreraient jamais le meurtre de leur peuple », une déclaration qui note la nature vengeresse des conflits dans la région.
Contexte sécuritaire tendu et représailles
Les bergers ont été accusés d'être des informateurs pour le groupe jihadiste Ansaru. Ces allégations ont servi de prétexte à des actions violentes contre eux. En représailles aux meurtres de deux individus accusés d'être des informateurs, Ansaru a attaqué et incendié Sabalunna. Ces représailles illustrent la spirale de violence qui s'est installée, où chaque acte de force engendre une contre-attaque. Le groupe Ansaru a déclaré qu'« ils ne toléreraient jamais le meurtre de leur peuple », une position qui justifie leurs propres actions violentes et contribue à l'instabilité générale.
La situation sécuritaire dans la région frontalière est particulièrement tendue, marquée par la présence de groupes armés et l'implication de milices locales et transfrontalières. Les communautés peules se retrouvent souvent prises au piège de ces conflits, accusées de collaboration par certains acteurs et victimes de violences par d'autres. La nature de ces accusations, souvent non vérifiées, alimente un cycle de méfiance et de représailles qui déstabilise gravement la vie des populations locales.
Réactions et fuite des populations
Une source humanitaire apportant de l'aide aux communautés déplacées par la violence dans la zone a fixé le bilan légèrement inférieur à 38 victimes, attribuant ces morts à des « miliciens du Nigeria et du Bénin ». Ce chiffre, bien que provisoire, met en lumière l'ampleur des pertes humaines subies par les éleveurs. La même source a rapporté que les campements d'éleveurs ont été désertés. Face à la menace constante et à la violence, les bergers ont fui la région avec leur bétail, laissant derrière eux leurs établissements et leurs moyens de subsistance. Cette fuite massive de populations et de bétail a des conséquences économiques et sociales désastreuses pour la région, perturbant les modes de vie traditionnels et créant de nouvelles crises humanitaires. Les déplacements forcés sont une réalité amère pour de nombreuses familles peules cherchant désespérément la sécurité.