Le vice-président nigérian Kashim Shettima a quitté Abuja jeudi pour une visite de travail en République du Bénin, afin de s'inspirer du modèle de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) dans le cadre de la relance de l'industrie textile du Nigeria. Cette mission, qui s'inscrit dans l'Agenda de l’Espoir Renouvelé du président Bola Tinubu, comprend une délégation de six gouverneurs d'État et de hauts fonctionnaires. Le groupe visitera la GDIZ près de Cotonou. Cette initiative note l'engagement du gouvernement nigérian à revitaliser des secteurs clés de son économie et à promouvoir un développement industriel durable.
La délégation, menée par le vice-président Shettima, illustre l'importance accordée à cette visite. Parmi les gouverneurs participant au déplacement figurent Hope Uzodimma de l'État d'Imo, Dauda Lawal de Zamfara, Caleb Mutfwang du Plateau, AbdulRahman AbdulRazaq de Kwara, Dikko Radda de Katsina, et Umar Namadi de Jigawa. Leur présence témoigne de la volonté des États nigérians de s'engager activement dans la recherche de solutions pour le développement industriel et la création d'emplois. Les hauts fonctionnaires accompagnant le vice-président apportent une expertise technique et administrative essentielle à l'évaluation des meilleures pratiques observées.
Objectifs de la mission GDIZ
La visite du vice-président Kashim Shettima vise à renforcer la mise en œuvre du Programme nigérian de zones spéciales de transformation agro-industrielle (SAPZ). Ce programme est une composante essentielle de la stratégie de développement économique du Nigeria, axée sur la valorisation de ses ressources agricoles et la création de chaînes de valeur industrielles. La mission examinera comment le modèle de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) pourrait être adapté aux zones agro-industrielles du Nigeria, en tirant des leçons concrètes de son succès.
La délégation explorera également les opportunités en matière de transfert de technologie, un élément clé pour moderniser l'industrie textile nigériane. L'accent sera mis sur la formation industrielle, afin de développer les compétences de la main-d'œuvre locale et de répondre aux exigences des techniques de production modernes. L'intégration de machinerie moderne est également au cœur des préoccupations, pour améliorer l'efficacité et la compétitivité. Des systèmes énergétiques fiables, essentiels pour toute activité industrielle, ainsi que des installations de traitement communes, permettant des économies d'échelle et une meilleure gestion des ressources, seront étudiés. Enfin, la délégation cherchera à identifier les moyens de renforcer les partenariats public-privé, considérés comme un levier fondamental pour attirer les investissements et stimuler la croissance du secteur.
Parallèlement, la Banque africaine de développement soutient des plans pour la création d'un centre de formation à la confection dans le cadre du programme SAPZ, situé dans l'État d'Ogun. Ce centre vise à doter les jeunes Nigérians des compétences nécessaires pour travailler dans l'industrie de l'habillement, renforçant ainsi la capacité du pays à produire des vêtements de qualité et à concurrencer sur le marché mondial. Cette initiative s'inscrit dans une vision plus large de développement des compétences et de promotion de l'emploi pour la jeunesse nigériane.
Contexte industriel nigérian
L'industrie nigériane du textile, de l'habillement et de la chaussure a été évaluée à environ 8,15 billions de nairas aux prix courants en 2024. Ce secteur a généré une production nominale de 2,45 billions de nairas au premier trimestre de 2025. Ces chiffres soulignent l'importance économique du secteur pour le Nigeria, représentant une part significative de son produit intérieur brut et offrant des perspectives d'emploi substantielles. Malgré ces contributions, l'industrie fait face à des défis persistants, notamment en termes de compétitivité, d'accès aux matières premières, d'infrastructures et de financement.
La visite du vice-président Shettima au Bénin s'inscrit dans cette volonté de revitaliser et de moderniser une industrie nationale jugée stratégique. Le gouvernement nigérian reconnaît le potentiel de ce secteur pour la diversification économique, la création de richesse et la réduction du chômage. En s'inspirant des modèles réussis comme la GDIZ, le Nigeria espère surmonter ses obstacles et positionner son industrie textile comme un acteur majeur sur le continent africain et au-delà. La recherche de solutions innovantes et de partenariats stratégiques est donc essentielle pour atteindre ces objectifs ambitieux.
Le modèle de la GDIZ
La Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) représente un pôle industriel de 1 640 hectares, situé près de Cotonou au Bénin. Ce complexe intègre un système de production couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur du textile. Il inclut des activités allant du filage du coton au tissage, en passant par le traitement des tissus et la confection de vêtements. Cette intégration verticale permet à la GDIZ de contrôler la qualité à chaque étape de la production et d'optimiser les coûts, rendant ses produits plus compétitifs sur le marché international.
Le succès de la GDIZ repose sur une approche holistique du développement industriel, qui comprend non seulement des infrastructures modernes, mais aussi un environnement propice aux affaires, des incitations fiscales attractives et un soutien institutionnel fort. Ce modèle intégré est celui que les autorités nigérianes cherchent à étudier pour l'adapter à leurs propres ambitions industrielles, notamment dans le cadre de leurs zones spéciales de transformation agro-industrielle. L'objectif est de reproduire, à l'échelle nigériane, un écosystème industriel capable de transformer les matières premières locales, comme le coton, en produits finis à forte valeur ajoutée, stimulant ainsi l'économie et créant des emplois durables pour la population. La GDIZ est perçue comme un exemple concret de ce qui peut être réalisé grâce à une planification stratégique et une exécution rigoureuse.