La cohabitation sacrée à Dangbe-Klounon

Obodo na-efe agwọ na Benin Republic
Photo via BBC

La communauté de Dangbe-Klounon se situe à Porto-Novo, en République du Bénin. Ce lieu géographique précis, niché au cœur de la capitale, constitue le théâtre d'une pratique spirituelle et sociale unique en son genre. Les habitants de cette localité vouent un culte aux serpents, considérés comme leur divinité. Cette vénération ne se limite pas à des rites ponctuels, mais imprègne chaque instant de l'existence des résidents. Des résidents de tous âges et de tous genres vivent quotidiennement aux côtés de ces reptiles sans subir de morsures. Cette cohabitation pacifique, qui défie les perceptions habituelles de la dangerosité de ces animaux, est au centre de l'identité collective de Dangbe-Klounon.

Un habitant de Dangbe-Klounon, dont l'identité n'a pas été communiquée, témoigne de cette relation singulière avec l'animal : « Agwọ enweghị ike imerụ m ahụ, ọ bụ oke anyị ketara n’aka ndị nnanna anyị ha, ọ bụ n’ime ọdịnaala a ka a mụrụ anyị. Otu enyi m gwara m na ya chọrọ iso na-efe arụsị m, m sị ya mee ka ndị mụrụ ya buru ụzọ mara, mana nne ya jụrụ ajụ. Amụrụ m ebe a. Agwọ anaghị atụ m ụjọ chaachaa ».

Ce témoignage illustre l'ancrage culturel de cette pratique, transmise par les ancêtres au sein de la communauté. L'habitant précise que son éducation et sa naissance dans ce milieu expliquent l'absence totale de crainte ressentie face aux serpents, tout en soulignant les barrières extérieures rencontrées par ceux qui souhaitent rejoindre ces rites sans l'accord préalable de leur famille. La cohabitation physique entre les membres de la population et les serpents demeure une réalité quotidienne à Dangbe-Klounon, structurant la vie sociale et religieuse du lieu.

Pour les membres de la communauté, le serpent n'est pas perçu comme une menace biologique, mais comme une entité sacrée dont la présence est indissociable de leur histoire. Cette relation de proximité est entretenue dès le plus jeune âge, permettant une intégration naturelle des reptiles dans l'espace domestique et public. Les traditions orales, transmises de génération en génération, dictent les protocoles de respect et de comportement à adopter en présence de la divinité. L'absence de morsures, notée par les résidents, est interprétée comme la preuve tangible de la protection divine dont bénéficie la localité.

L'organisation sociale de Dangbe-Klounon est ainsi rythmée par ces interactions. La vie quotidienne, marquée par cette présence constante, témoigne d'une harmonie singulière où le sacré et le profane se rejoignent. La transmission de ce savoir-faire culturel reste le pilier de la pérennité de ces rites, assurant que chaque nouveau membre de la communauté intègre, dès sa naissance, cette cohabitation unique. Cette structure sociale, bien que fermée aux influences extérieures qui ne respecteraient pas les codes familiaux et traditionnels, demeure le garant de l'unité et de la foi des habitants de Porto-Novo. Dangbe-Klounon continue d'incarner, par sa pratique, une forme de vie commune où le respect du serpent est le fondement même de la cohésion sociale locale.