Journalistes et RSF demandent la libération de deux confrères détenus au Bénin

Reporters Without Borders has said exiled Beninese journalist Hugues Comlan Sossoukpe was kidnapped by his home country. By PHILIPPE LOPEZ (AFP)
Photo: AFP via News

Cinquante journalistes d'Afrique de l'Ouest et Reporters sans frontières (RSF) ont lancé un appel ce vendredi pour la libération de deux confrères détenus au Bénin. Cette démarche intervient à l'occasion du premier anniversaire de l'arrestation du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpe. Six jours après l'interpellation de M. Sossoukpe, son confrère Ali Moumouni avait également été arrêté. RSF, qui estime que les deux hommes ont été "kidnappés", dénonce une "situation inquiétante" pour la presse locale. L'organisation a souligné l'urgence de cette libération pour garantir le respect des droits des journalistes dans le pays.

Arrestations et accusations

Hugues Comlan Sossoukpe a été arrêté le 10 juillet 2025 alors qu'il assistait à une conférence en Côte d'Ivoire. M. Sossoukpe a ensuite été transporté par avion au Bénin et incarcéré. Les deux journalistes font face à des accusations d'atteinte à la paix sociale et d'apologie du terrorisme, entre autres. Hugues Comlan Sossoukpe, critique du gouvernement béninois, vivait en exil au Togo avant son arrestation. Ali Moumouni est accusé d'être le collaborateur de M. Sossoukpe. M. Sossoukpe est le rédacteur en chef du média béninois Olofofo. Ce média avait été interdit plusieurs mois avant l'arrestation de son rédacteur en chef.

Contexte politique et restrictions

Le président Romuald Wadagni et l'ancien président Patrice Talon ont dirigé le Bénin pendant plus d'une décennie de croissance économique. Cette période a été marquée par un développement soutenu, mais aussi par des changements dans le paysage politique du pays. L'administration actuelle et la précédente ont mis l'accent sur des réformes économiques visant à stimuler le progrès national.

M. Talon, pour sa part, a été confronté à des accusations d'avoir pris un virage autoritaire au cours de son mandat, notamment par l'incarcération de nombreux opposants politiques. Ces détentions ont soulevé des préoccupations concernant l'espace démocratique et la liberté d'expression dans le pays. La situation a été suivie de près par les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale.

M. Wadagni, qui a remporté l'élection présidentielle en avril pour succéder à M. Talon, est désormais sous pression pour s'engager à respecter les libertés civiles. Son mandat est attendu comme une opportunité de réaffirmer l'attachement du Bénin aux principes démocratiques et aux droits fondamentaux, en particulier dans le contexte des préoccupations exprimées par les journalistes et les organisations comme RSF.

Appel à la libération

La lettre publiée par RSF et des journalistes de la région a appelé le président Romuald Wadagni à assurer la libération des deux hommes. L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a précédemment qualifié l'arrestation et l'emprisonnement de M. Sossoukpe de « kidnapping ».

RSF et des journalistes de la région ont publié une lettre dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, condamnant la détention des deux journalistes. Cette lettre soulignait l'absence de perspectives judiciaires pour les détenus. « Aucune date de procès n'a encore été fixée pour l'un ou l'autre des journalistes », ont déclaré les signataires de cette missive, mettant en lumière la durée et l'incertitude de leur situation. La démarche conjointe de RSF et des journalistes ouest-africains vise à attirer l'attention internationale sur cette affaire et à exhorter les autorités béninoises à agir.

Situation préoccupante des détenus

Aucune date de procès n'a encore été fixée pour Hugues Comlan Sossoukpe ou Ali Moumouni, ont déclaré Reporters sans frontières (RSF) et des journalistes de la région. Cette absence de perspectives judiciaires maintient les deux hommes dans une incertitude prolongée depuis leur arrestation. Parallèlement, la situation de M. Sossoukpe serait préoccupante en raison de problèmes oculaires. Le journaliste ne dispose pas d'un accès adéquat à un ophtalmologiste pour traiter ces affections. RSF a qualifié cette situation de « préoccupante », soulignant l'urgence d'une prise en charge médicale appropriée pour le détenu. L'organisation et les journalistes régionaux réitèrent leurs appels aux autorités béninoises pour garantir les droits des deux confrères.