Bataille pour le contrôle des Démocrates : Éric Houndété conteste sa suspension

Eric Houndété et Nourénou Atchadé
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Éric Houndété conteste sa suspension du parti politique Les Démocrates, cherchant à en reprendre le contrôle, selon des sources proches de la situation. Cette démarche fait suite à l'annonce, le 26 mars 2026, par Les Démocrates, de la suspension de M. Houndété ainsi que de 21 autres dirigeants. Ces suspensions ont été prononcées en raison de leur soutien au mouvement de Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, une position qui a créé des remous au sein de la formation politique. Éric Houndété a déclaré que « nous ne formons pas un parti politique pour prendre un abonnement à l’opposition. Le but de toute opposition est de conquérir le pouvoir et de l’exercer », une citation qui éclaire sa vision stratégique pour le parti et son rôle dans l'échiquier politique.

Origines et fondation du parti

Le parti Les Démocrates a été fondé en 2019, issu d'une scission significative des Forces Cauris pour un Bénin Émergent. Cette création a marqué un tournant dans le paysage politique béninois, avec Thomas Boni Yayi et d'autres personnalités politiques de premier plan s'unissant pour former cette nouvelle entité. Leur objectif était de s'ériger en opposition politique claire et affirmée au président Patrice Talon. Dès sa création, le parti a cherché à se positionner comme une force de contre-pouvoir. Le parti a officiellement enregistré son statut d'opposition auprès du ministère de l'Intérieur le 26 avril 2022, consolidant ainsi sa position légale et politique dans le paysage politique béninois. Ce statut officiel a renforcé sa légitimité en tant que principale voix d'opposition.

Initialement, Éric Houndété a dirigé Les Démocrates, jouant un rôle pivot dans son organisation et son développement. Son leadership a été déterminant dans les premières années du parti. Cependant, la direction du parti a connu une transition majeure lorsque Thomas Boni Yayi en est devenu le président effectif en octobre 2023, apportant son expérience et son influence à la tête de la formation.

La rupture et la suspension

Les tensions internes ont éclaté au début du mois de mars 2026 lorsque Thomas Boni Yayi a annoncé son retrait de la présidence du parti, invoquant des raisons de santé. Ce départ a ouvert la voie à une période d'incertitude et de luttes de pouvoir au sein de Les Démocrates. En réponse à ce vide de leadership, le parti a réagi en remplaçant Éric Houndété à la présidence par intérim par Nourénou Atchadé, le 22 mars 2026. Cette décision a été prise dans un contexte où la direction du parti avait pourtant établi une ligne stricte de neutralité politique lors du Conseil national, également tenu le 22 mars 2026. Cette ligne de neutralité visait à maintenir l'unité du parti face aux échéances électorales et aux différentes mouvances politiques.

Cependant, Éric Houndété a délibérément choisi de s'écarter de cette ligne officielle. Le 26 mars 2026, il a officiellement participé à la signature d'un Pacte républicain soutenant la candidature de Romuald Wadagni. Cette action, perçue comme une insubordination, a déclenché une réaction immédiate de la part de la direction du parti. En conséquence, le même jour, le 26 mars 2026, Les Démocrates a annoncé la suspension d'Éric Houndété ainsi que de 21 autres dirigeants. Ces suspensions ont été prononcées en raison de leur soutien public et actif au mouvement de Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, une décision jugée contraire aux directives internes du parti. La déclaration antérieure d'Éric Houndété, affirmant que « nous ne formons pas un parti politique pour prendre un abonnement à l’opposition. Le but de toute opposition est de conquérir le pouvoir et de l’exercer », résonne particulièrement dans ce contexte, soulignant une divergence fondamentale avec la ligne de neutralité adoptée par la direction du parti.

Les enjeux électoraux et judiciaires

La confrontation interne au sein de Les Démocrates a rapidement pris une tournure judiciaire. Le Tribunal de première instance de Cotonou s'est prononcé le 29 avril 2026 en faveur du camp de Nourénou Atchadé, validant sa légitimité à diriger le parti Les Démocrates. Cette décision a apporté un soutien juridique temporaire à la direction actuelle du parti. Cependant, l'affaire est loin d'être close. Une audience est désormais prévue le 18 juin 2026 devant la Cour d'appel de Cotonou pour examiner ce dossier en profondeur. Cette étape judiciaire sera clé pour déterminer la direction légale et la légitimité du leadership au sein de la formation politique.

Sur le plan électoral, le parti Les Démocrates a traversé une période difficile. La formation n'a pas réussi à obtenir de sièges lors des élections législatives du 11 janvier 2026, un revers significatif pour un parti d'opposition majeur. Les Démocrates seront également absents de l'élection présidentielle du 12 avril 2026, suite au rejet de la candidature de son candidat, ce qui représente un coup dur pour ses ambitions de conquête du pouvoir. Malgré ces revers électoraux et les turbulences internes, Les Démocrates ont réaffirmé leur position d'opposition politique le 9 mai 2026, à l'issue d'un Conseil national extraordinaire. Cette déclaration note leur détermination à continuer de jouer un rôle critique dans le paysage politique béninois, malgré les défis auxquels ils sont confrontés. La bataille pour le contrôle du parti continue, mêlant stratégies politiques, décisions judiciaires et ambitions personnelles.